Mo’Kalamity & The Wizards – Kingston, France

OXYMORE. n.m. – Fig. de style.

Un oxymore est l’alliance de mots dont le rapprochement est inattendu. Deux termes accolés dont le lien s’avère tout sauf évident. L’obscure clarté du Cid de Corneille illustre souvent la figure, mais l’on pourrait citer bien des exemples, y compris dans le domaine qui nous intéresse : guitariste manchot, jazzman binaire, parolier sobre, ou encore critique objectif (…). Si, la plupart du temps, l’incompatibilité de ces mots est avérée, il arrive que certaines combinaisons finissent par prendre sens, comme une évidence.

Exemple parlant : reggae français, soit Europe et Caraibes, cagnard et climat modéré, vibe et mélodie, ganja et pinard. Une alliance qui, il est vrai ne colle pas à première vue. Et force est de constater que, depuis Gainsbourg et ses sillons enfumés, les tentatives de rapprochement franco-jamaicains auront été autant de pistes glissantes que peu auront su arpenter habilement. Parmi les quelques réussites, on pourra citer (tous styles confondus) Zenzile, Livin’ Soul, Dub Incorporation ou encore l’exilé Manjul.

Dernier cas d’oxymore qui colle en date : Mo’Kalamity & The Wizards. Activiste depuis dix ans, Mo’Kalamity a débuté comme choriste avant de s’entourer de ses « magiciens » et donner vie à un très beau premier bébé en 2005. Tout au long de « Warriors of Light« , le combo du Val d’Oise délivrait un reggae-roots pur jus ne souffrant pas la comparaison avec les productions maison des « Yards » de Kingston.


Sur « Deeper Revolution« , nouvel ouvrage, on retrouve ces éléments bluffants, prompts à berner le plus aguérit des adeptes d’Hallie Selassie. Tout d’abord, les Wizards, loin d’un backing-band basique, s’avèrent être une sacrée bande de bons musiciens. Basses profondes, riffs de guitare à-propos, flûte traversière bienvenue, et une section rythmique talentueuse (dont Mano des K2R Riddim). C’est ainsi sur un bel écrin que se pose la voix à mi-cassée de Mo’Kalamity. Et, comme un symbole du pont tendu entre France et Jamaique, la diva alterne titres en anglais, forcément plus efficaces, et quelques tentatives en français réussies (l’exercice est pourtant risqué, d’aucuns en témoigneront).

C’est donc un argument de poids qu’oppose Mo’Kalamity et ses Wizards aux défenseurs d’une incompatibilité avérée entre France et Roots. Un des premiers défenseurs de ce mariage avait affirmé, entre deux gitanes aromatisées, « Il y a une telle puissance dans cette rythmique. C’est tellement dynamique…« . Gainsbourg l’avait ressenti, Mo’Kalamity continue de le prouver.

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A noter que le groupe sera en concert à La Java le 10 Décembre prochain, et que c’est à ne pas rater.

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About Manuel De Castro

Developpeur, concepteur, rédacteur, passionné de musique(s).

3 responses to “Mo’Kalamity & The Wizards – Kingston, France”

  1. romk says :

    Très sympa le petit son reggae… Je ne connaissais pas Mo’kalamity. On ressent bien le passé de choriste, c’est juste lyrique comme il faut. Et ca change bien des autres groupes de reggae à voix féminine. Je vais le commander 😉

  2. Countryman says :

    Sympa et profond, ça me plait. Rythmique aérienne, basse imposante, jolie voix.

    Reggae, raggamuffin,
    are brother and sisterin’
    🙂

  3. romk says :

    Voilà…. c’est dans la boite ! Vraiment un super album, merci Manu !

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