Label : Gold Dust, mariage à ranger

GoldDustMediaLogoUne structure hip-hop américaine entité d’un label électro berlinois ? Le genre d’union qui fait la perplexité de certains, mais la force de l’ouverture musicale.

La musique est, depuis toujours, un domaine empli de principes, d’idées préconçues aux fondations friables. Parmi ces dernières, figure ce qu’on peut qualifier de « syndrome du rayonnage ». Les styles sont délimités, les albums classés. Un tel sera qualifié de « post-rock-moderniste », un autre de « néo-soul philadelphienne ». Longtemps, les labels ont été victimes de ce postulat plaçant le mélange des genres au même niveau qu’un banal virus mexicain. C’était sans compter avec la curiosité de maisons à l’ouverture d’esprit et d’esgourdes affirmée, n’hésitant pas à accueillir en leur sein des structures voisines pour élargir leur palette sonore.

Le label Studio !K7 est de cette catégorie. La structure Berlinoise, créée en 1996, s’est rapidement fait un nom dans le milieu de électro, et plus précisément « Techno-House » (puisque nous en sommes à classifier), notamment grâce à la série des « DJ-Kicks ». Parmi les références maison, on trouve The Herbaliser, Thievery Corporation, Nightmares on Wax, ou encore les locaux de Boozoo Bajou. De quoi -trop- vite ranger ces !K7 au sein du rayon électronique, et faire assurément fausse route. Car, à l’instar de Ninja tune (avec Big Dada) ou d’Ubiquity et ses nombreuses entités, nos Berlinois ont suivi leurs envies d’ouverture en accueillant Gold Dust en leur sein.

Tout jeune label (fondé l’an dernier), Gold Dust n’a d’électro que son parrainage. En effet, c’est dans la plus pure tradition hip-hop que la branche New-Yorkaise de !K7 oeuvre activement. Et, ici encore, l’ouverture fait figure de maitre-mot. Au sein du catalogue de cette structure qui ne chôme pas, de vieilles légendes du rap « sac-à-dos » (Large Professor, Dj Muggs ou Prince Paul) côtoient des figures de l’underground ouest-Américain (Del et Tame One, Zion I) et artistes injustement sous-exposés (Crown city Rockers, Jahdan Blakkamoore). Nous évoluons donc ici dans la lignée des labels indépendants américains, Stones Throw ou Def Jux en tête, n’hésitant pas à mêler jeune garde et glorieux anciens, dans le but de préserver la vitalité d’un style dit moribond.

Studio !K7 et Gold Dust, jeunes mariés, présentent tous les signes d’une union réussie. De quoi donner le tournis aux sceptiques, et mettre un sacré bazar dans les rayons.

Sélection d’albums

Tame-One et Del the Funky Homosapiens – Parallel Uni-Verses (2009)
Quand la tête pensante des Hieroglyphics rencontre la moitié des mythiques Artifacts, on ne peut que s’attendre à un résultat 100% « Vrai Hip-Hop ». Entre breakbeats incisifs, nappes aériennes et lyricisme acéré, on navigue avec plaisir à travers les influences de duettistes sûrs de leur fait, sans tomber dans le piège d’un classicisme un peu passé. Une réussite.

Jahdan Blakkamoore – Buzzrock Warrior (2009)
Symbole à lui-seul des influences multiples de son label, le membre de Noble Society continue à mêler judicieusement sonorités ragga et inspirations diverses, allant de la soul au dubstep. Dans la droite lignée de sa collaboration avec les très « buzzés » Major Lazer, un pied dans les années 70 en plus. Revitalisant.

 

Article à paraître dans Openmag.

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About Manuel De Castro

Developpeur, concepteur, rédacteur, passionné de musique(s).

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